Le parcours tumultueux d’une angoissée de la route

Le parcours tumultueux d’une angoissée de la route

 

 

Aujourd’hui, je range les fards et les vernis, je remets les rouges à lèvres dans leur tiroir. Il est peut-être encore trop tôt pour vous parler de moi, mais il y a longtemps que je souhaitais aborder ce sujet et échanger avec vous, les habituées, ou avec d’autres, qui viendraient ici par hasard, attirées par un titre qui ferait écho à leur propre vécu. Working-girls pressées ou étudiantes impatientes, ce long billet ne sera sûrement pas fait pour être lu sur le pouce ou en diagonale.

Des premières remises en question et le début d’un projet

C’est fin 2012 que commence mon périple pour tenter d’obtenir le permis de conduire. À cette époque, je venais d’abandonner mes études de notariat pour remettre en question mon avenir et essayer de prendre une nouvelle route qui me plaise sincèrement. À quoi bon vivre si c’est pour subir une carrière, emprunter une voie qui épate la société mais nous rend malheureux ? Cette mise en doute n’avait vraiment aucune caractéristique exceptionnelle, la plupart des jeunes gens finissent par se retrouver au fond de cette impasse.

C’est donc acculée au bout de ce cul-de-sac, dans un état d’esprit confus et l’errance la plus totale que j’avais décidé de me lancer dans ce parcours que tout jeune emprunte avec plus ou moins d’entrain : celui du permis de conduire. J’avais en effet beaucoup de temps devant moi maintenant que l’année scolaire était « perdue », et employer ce temps pour me débarrasser de cette étape essentielle me paraissait être une bonne chose. En tout cas, je sentais qu’il y avait là matière à contenter mon entourage et donner l’impression que je m’activais. Pour le dire franchement, j’avais entamé ce processus par dépit, sans aucun plaisir.

J’avance d’un petit pas et recule de deux

À cette époque, j’habitais dans une toute petite ville située près de Paris (on pouvait rejoindre la capitale en 1h30 de trajet par voies ferrées environ). Par chance, il s’y trouvait une auto-école. Je m’y suis inscrite naturellement, sans chercher à savoir qui y travaillait, si des clients avaient été mécontents de leur expérience ou si l’herbe n’était pas plus verte dans une ville voisine. Je me suis lancée à fond dans l’étude du code de la route, je me rendais chaque soir aux tests vidéos et trouvais tout cela on ne peut plus pénible. Et puis est venue l’heure de la première évaluation.

Naïvement et peu au courant des procédés des auto-écoles, je m’imaginais être interrogée et notée sur mes connaissances des panneaux et situations qu’un automobiliste pouvait rencontrer sur la route. Que nenni ! Le jour fatidique, avec dix minutes de retard, un moniteur inconnu s’est approché et m’a tendu les clefs d’une voiture que j’allais devoir conduire « comme prévu ». D’ordinaire, j’aime être préparée à ce qui m’attend, surtout lorsqu’il est question de s’aventurer sur un terrain aussi inconnu que pouvait l’être la route pour moi à cette époque. Là, j’avais vraiment le sentiment d’être cueillie en traître. Si j’avais su,  j’aurais au moins tenté de savoir comment on démarrait ces engins de malheur, ou quelle pédale permettait de freiner avant de foncer dans le mur ! Finalement, on s’était donné rendez-vous pour évaluer le niveau de mon ignorance crasse.

Je vous passe les détails de cette heure de calvaire, mais l’attitude du moniteur fut à l’image de son entrée en matière froide et rustre. Une chose était sûre, il n’était plus question pour moi de poursuivre mon apprentissage avec cet ours aux réflexions toutes plus décourageantes les unes que les autres. Je n’ai pas la science infuse et je ne suis pas maso non plus. Là, j’avais vraiment affaire à quelqu’un qui me reprochait mon inexpérience de la route et m’annonçait clairement que j’allais être un cas difficile à faire évoluer, tant je devais partir de loin.

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Quelques jours plus tard, je décidai de me renseigner une bonne fois pour toutes sur les méthodes étranges de cette brute épaisse qui, après une heure de critiques accablantes, m’avait innocemment demandé si à l’avenir, je pourrais éventuellement être capable de pleurer lors d’une leçon de conduite un peu plus tendue que d’habitude. Mais à mon grand désespoir, personne d’autre que lui ne dispensait de leçons dans cette auto-école. Autant vous dire que j’ai enchaîné en vitesse les tests de code jusqu’à l’examen, et qu’une fois ce dernier en poche, je me suis promis de ne jamais remettre les pieds dans la voiture à double commandes de ce butor.

Je baisse les bras et rejoins le monde des zombies

Et puis, beaucoup d’eau a fini par couler sous les ponts, je suis passée à autre chose et j’ai commencé à travailler. Le projet de la corvée du permis de conduire avait gardé une place de choix dans un coin de ma tête. De temps à autre, il venait me réveiller la nuit ou pire, m’empêchait de fermer l’œil. Seulement voilà, une fois que la machine infernale de l’emploi parisien est lancée, impossible de l’arrêter. J’avais donc une bonne excuse pour éviter le sujet et parler de la pluie et du mauvais temps plutôt que de me mettre en quête d’une nouvelle auto-école.

De toute façon, à quoi bon conduire une voiture dans Paris ? N’est-il pas plus agréable de passer trois à quatre heures par jour dans des rames obsolètes et puantes ? Les embouteillages et les automobilistes de mauvaise humeur, quelle purge ! Non moi, mon petit plaisir quotidien, c’était de me coller à des travailleurs dès sept heures du matin et de dormir appuyée contre une vitre taguée en écoutant le grésillement d’une radio qu’il m’était impossible de capter dans les tunnels. Ah oui, et en plus, j’avais bonne conscience car il est évident que c’est un mode de transport très écologique…

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Sauf que mon dégoût du vacarme parisien a fini par me rattraper. Sauvage de nature, je n’en pouvais plus du rythme oppressant de cette ville, du principe d’espace vital qui lui est totalement étranger, des exigences ahurissantes des clients au travail, de la mine déconfite de mes voisins de transport. La capitale arbore un visage au quotidien si repoussant qu’on en oublie de profiter de ce qu’elle est encore capable de nous offrir, à savoir son patrimoine infini ou sa gastronomie sans égale. Pour le dire simplement, je ne me donnais même pas trois ans d’espérance de vie dans ce cloaque. Pour faciliter ma mise au vert, j’ai décidé de me mettre en quête de mon Xanadu, d’un nid qui pourrait m’accueillir dans le calme et l’espace le plus vite possible.

Au pied du mur

En mars 2014, c’était chose faite. Je n’avais donc plus aucune excuse pour rester dans le train en marche, mais je n’avais plus aucun prétexte non plus pour ne pas remettre sur la table l’épineux sujet du permis de conduire. Par hasard, j’appris que le rustre auquel j’avais eu affaire n’exerçait plus dans ma petite ville et que l’auto-école s’était dotée de nouveaux moniteurs aimables et désireux de transmettre leur savoir à des ignares de la route. J’avais pris le taureau par les cornes et choisi de moduler mon emploi du temps pour effectuer des heures de conduite après le travail.

Au début, j’avais réussi à obtenir un sublime planning très complet de leçons. Sur le papier, tout concordait à merveille et avec un peu de chance, l’obtention du précieux permis ne devait plus être très loin. Mais c’était sans compter sur le stress de devoir passer au moins deux heures dans les transports en commun avant de m’installer au poste de conduite, sur les horaires aléatoires (eh oui, des désespérés continuaient à se suicider et à ralentir le trafic, les cheminots réclamaient toujours de nouvelles améliorations de leurs conditions de travail…). J’arrivais à l’auto-école sur les genoux, avec ma journée désagréable sur le dos et un désamour de plus en plus inquiétant pour la conduite. Puis, j’ai découvert que je ne parvenais pas à progresser. J’avais toujours peur de quelque chose, de la voiture qui venait en face ou de passer la quatrième vitesse.

Une fois, dans la panique la plus complète, je suis parvenue à épater un moniteur en enclenchant mon clignotant avec la main droite (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?? C’était une première pour lui.). Une autre fois, je n’ai pas marqué l’arrêt alors qu’une mamie traversait; ma monitrice m’a sermonnée et demandé d’oxygéner mon cerveau. Ce devait donc être ça; j’étais probablement plus débile que la moyenne et ne parvenais pas à effectuer les bons gestes au volant à cause d’un blocage de l’air au niveau de mon bulbe. En vérité, j’avais la trouille, une frayeur de la route complètement inexplicable et irrationnelle. Je n’avais alors jamais eu aucun accident et aucun proche n’en était passé par là. Mais dans l’habitacle, à chaque leçon, nous étions trois : mon moniteur, ma peur et moi.

Incapable d’enchaîner mes journées de travail, les transports (et les changements qui vont avec) et mes leçons de conduite, j’avais fini par annuler tout mon programme et récupérer mon dossier. Quand j’en ai assez, je n’y vais pas par quatre chemins en général et claque facilement la porte.

Je me fais violence une dernière fois 

À l’été 2015, je décidai cette fois de retenter l’expérience dans une auto-école en pleine cambrousse, près de mon nid en travaux. Après plus d’une vingtaine d’heures de conduite en région parisienne, j’avais la joie d’apprendre qu’il fallait tout recommencer depuis le début, que je n’avais pris que des mauvaises habitudes et n’avais en aucun cas acquis les bases essentielles. Je pensais sincèrement que les petits chemins déserts et les villages peu peuplés conviendraient à mon apprentissage. Manque de bol, les vieux démons ricanaient encore dans un coin de ma tête; j’avais toujours une crainte incroyable de rouler au-delà de 50km/h et étais incapable de comprendre la logique du volant lors d’une manœuvre en marche arrière. Je passais les vitesses confusément, en me trompant parfois, en calant souvent. Je ne respectais pas l’ordre des étapes dans les ronds points. J’avais sans cesse l’esprit ailleurs ou me sentais débordée par toutes ces savantes manipulations et pivotements de tête.

Il faut dire qu’à force d’aligner les chèques par-ci, par-là et d’avoir la désagréable impression de jeter mon argent à la poubelle, le désir d’apprendre était réduit à peau de chagrin. Ma seule motivation désormais, c’était d’acquérir une autonomie dans un milieu qui n’était desservi par aucun moyen de transport. Pour sortir de mon trou et parvenir à aller m’acheter de quoi me sustenter, il était impératif d’obtenir ce fichu diplôme. Mais les conseils ne rentraient pas dans ma tête et c’est à peine si, parfois, je me souvenais comment distinguer ma droite de ma gauche.

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Tout l’été et jusqu’à l’automne, j’ai suivi une dizaine de leçons en milieu rural et non stressant (paraît-il). Puis, fait exceptionnel, j’ai voulu passer à la vitesse supérieure et enchaîner les leçons afin d’obtenir une date de présentation à l’examen. Un coup ma conduite était bourrée de défauts, un autre elle faisait preuve d’amélioration. La progression n’était jamais constante, je pouvais rouler correctement un week-end et redevenir une vraie catastrophe ambulante la semaine suivante.

Le jour J et sa veille presque tragique

Et un soir d’octobre froid et miraculeux, j’obtins enfin une date de passage. Et toujours un soir grelottant et sombre d’octobre, la veille de l’examen, j’eus ma première vraie frayeur au volant, celle qui valait réellement la peine d’engendrer angoisses et craintes.

La nuit, à un stop. Je m’engage, apercevant un gros camion roulant sur la nationale mais assez loin pour que j’aie le temps de m’intégrer à la circulation et ne pas le gêner. Et là, une fois insérée sur la file, c’est la stupéfaction. Je tente de passer la vitesse supérieure, sans y parvenir. La voiture est à l’arrêt complet, le camion se rapproche de plus en plus dans mon rétroviseur intérieur. Je suis sûre que ma dernière heure est en train d’arriver, je regrette d’emporter dans le tombeau ma monitrice qui ne parvient pas tout de suite à reprendre la main et à nous extraire de ce pétrin, sans doute abasourdie par tant de talent et de maîtrise de ma part (alors que j’étais censée être assez prête pour passer l’examen quelques heures plus tard). En une fraction de seconde, les phares du poids lourd éclairent complètement l’habitacle. J’ai juste le temps de m’apercevoir qu’il me double au dernier moment, lancé à toute berzingue et klaxonnant sans discontinuer.

Ma monitrice n’a même pas bronché sur le moment, elle m’a simplement expliqué que j’étais revenue au point mort et que j’avais lâché la pédale d’embrayage dans la panique, d’où mon incapacité à relancer la voiture.

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Je quitte la partie

Autant vous dire que le lendemain de cette tragédie frôlée, j’étais bien persuadée d’essuyer un échec aux côtés d’un inspecteur pointilleux. Plus que jamais, j’étais écœurée de la route et angoissée du volant.

Le grand jour, au bout de quelques minutes, l’inspecteur m’a fait une première remarque. Puis, geste irréparable, il a touché aux commandes. J’avais assez lu de témoignages la veille pour savoir que c’était une action éliminatoire. Un peu plus tard, je faisais caler le véhicule. Encore un peu après, il a tenté de me faire effectuer une manœuvre. C’est à ce moment que j’ai complètement décroché, que de loin, je me suis vue laisser tout tomber. J’ai marqué une courte pause, et puis je lui ai dit qu’il ne servait à rien de poursuivre, que c’était foutu et que je refusais de jouer le jeu de l’échec plus longtemps. Je savais que c’était raté, à quoi bon diable continuer cette comédie ?

C’était bien simple, après plus de cinquante heures de travail, j’avais oublié la manière dont on conduisait une voiture. Mais avais-je au moins vraiment su, un jour, comment on faisait ?

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La découverte du droit à l’échec

Depuis toujours, j’avais à peu près tout réussi. J’avais toujours échoué ou abandonné sciemment, avec une volonté bien précise de couler un projet et de passer à autre chose. Subir un fiasco, moi ? Jamais. Rater le permis, c’était pour la première fois me tirer une balle dans le pied, ralentir la construction de tout ce que j’essayais de bâtir patiemment depuis quelques années. Aussi, pour la toute première fois, cet échec qui m’échappait et que je n’assumais pas décevait mes proches.

Je savais bien que je n’étais pas particulièrement idiote -pas plus qu’une autre en tout cas- mais je devais me rendre à l’évidence et admettre que la conduite demandait un savant mélange de maîtrise et de lâcher prise, qu’il n’était pas question ici d’intelligence mais d’angoisses inexpliquées et de peurs irrationnelles qui m’empêchaient d’agir avec sang froid quand la situation l’exigeait. Jusqu’à ce moment, je n’avais jamais pris conscience que l’on pouvait être fait pour une chose bien spécifique et complètement paumé lorsqu’il s’agissait de toucher un autre domaine.

Après cet épisode, j’ai décidé d’arrêter l’hémorragie financière et de ne pas retourner dans mon auto-école. J’avais assez besoin de digérer mon insuccès pour ne pas devoir en plus, me justifier péniblement à propos de mon abandon en plein examen. Qui a dit que j’avais la défaite mauvaise ?

Un dénouement invraisemblable et pour le moins loufoque

Vous souhaitez savoir comment se termine ce tortueux périple ? Pas aussi bien que je l’aurais voulu… Le lendemain de mon échec, devinerez-vous ce que votre Prunelle meurtrie est allée chiner sur Le Bon Coin ?

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Une voiturette… Symbole parfait du quart-monde ou du troisième âge, j’étais sur le point de mettre le pied dans une galaxie mystérieuse, une quatrième dimension sibylline qui avait accouché de nombreux préjugés et installé la méfiance dans l’esprit des conducteurs normaux. Dans la balance, mon désespoir d’obtenir une autonomie ne pesait pas aussi lourd que mon refus orgueilleux de remettre un pied dans une auto-école. Acquérir un véhicule de type voiturette me semblait donc être un bon compromis pour me sortir de cette panade.

Oh mais, rassurez-vous ! Ma carriole a une digne allure et la ligne sportive. Je n’ai pas choisi le premier pot de yaourt venu…

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Oui, cette longue histoire m’a aussi appris l’autodérision

Il a quand même fallu que je retourne voir un moniteur, mais seulement pour une journée. Eh oui, ces poisons de la route se conduisent avec un diplôme pour les plus jeunes conducteurs. Depuis, je suis autonome dans ma cambrousse déserte, mais seulement dans un petit périmètre. Ils sont si loin de moi les rêves d’escapades qu’on ne voit que dans les road movies, ou bien les envies de vacances en voiture. Mais qui sait, peut-être qu’un jour…

On ne change pas une équipe qui gagne, et qui perd non plus !

Mes angoisses ont subsisté, elles me collent à la peau et aux bottes chaque fois qu’il est question de prendre la route et me poursuivront peut-être jusqu’à la fin de mes jours. Elles me talonnent quand je dois me garer et me poussent à m’installer sur la place de parking la plus éloignée de l’entrée du magasin pour ne pas être gênée ou stressée par d’autres automobilistes. Elles s’agitent dès lors qu’un pneu dérape sur une motte et me rappellent que je risque de perdre la vie d’un moment à l’autre dans cette carcasse légère et sans airbag.

Enfin, je dois dire que la plupart des automobilistes ne sont guère indulgents envers mon petit bolide (qui est tout de même débridé et peut aller jusqu’à 73km/h avec le vent dans le dos), qu’ils n’hésitent pas à user de leur klaxon à tort et à travers, ou encore à me doubler en ville alors que je roule à une allure tout à fait correcte. Le plus difficile est vraiment de parvenir à composer avec les autres usagers qui me font me sentir de trop sur la route et n’hésitent pas à me coller. Mais je prends mon mal en patience, j’ai pour l’instant la loi de mon côté et jusqu’à preuve du contraire, le droit de circuler lorsque j’estime que cela est nécessaire.

Chaque trajet sans heurts est une petite victoire personnelle, et je me félicite de me dépatouiller de culs-de-sac inextricables malgré mon absence de direction assistée. Enfin, je sais pertinemment que depuis que je possède cette carriole diabolique, j’ai appris bien plus qu’avec n’importe quel moniteur et qu’il ne tiendrait qu’à moi de me retrouver au volant d’une vraie voiture si j’en avais réellement envie.

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Les raisons de cette longue confession

À travers ce long article, j’avais vraiment envie d’évoquer le droit à l’échec et la meilleure manière de le surmonter pour passer à autre chose. Je ne m’y suis certainement pas pris de la meilleure façon du monde, j’aurais peut-être réussi mon examen si j’avais repris quelques heures de conduite et m’étais inscrite pour un nouveau passage, mais avec des « si », vous savez bien ce qu’on fait.

Besoin de vos retours si vous vous reconnaissez dans ces lignes

J’aurais aimé tomber sur un témoignage similaire lorsque je me suis plantée, mais je n’ai rien trouvé de tel quand j’étais aux abois. Je n’avais réussi à lire que des histoires qui se terminaient bien, à grand renfort de chèques alignés et de passages répétés devant un inspecteur. C’est pour cette raison que je laisse ici une modeste trace de mon expérience de la route atypique et des nombreuses embûches qui l’ont parsemée. Anxieuses de la route ou angoissées du volant, n’hésitez pas à partager ici votre vécu à ce sujet.

Cela fait peu de temps que j’écris ici, mais je m’y sens déjà bien, déjà comme chez moi tout simplement et dans ma maison, je parle sans complexe ni fausse pudeur.

Au plaisir de vous retrouver dans un prochain article, cette fois-ci plus léger.

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17 thoughts on “Le parcours tumultueux d’une angoissée de la route”

  • Coucou !

    J’ai pris le temps de lire ta confession, et je me retrouve beaucoup dans ton ce que tu ressens. J’ai toujours eu une peur panique de conduire, mais surtout d’être avec d’autres voitures sur la route. J’ai 25 ans, et malgré beaucoup d’insistance de ma famille et de mon compagnon pendant plusieurs années, j’ai sauté le pas il y a moins d’un mois. Je me suis rendue compte qu’avoir une voiture dans ma ville (qui est mal desservie en bus) est assez important, mais aussi pour trouver du travail. De plus je suis une jeune maman, et rien que pour mon fils je trouve que c’est plus pratique de prendre la voiture que de prendre le bus. Mais voila, j’ai encore plus de pression du fait que j’aurais aussi en charge la vie de mon fils, et je m’inquiète d’autant plus. Etant pour l’instant maman a plein temps, j’ai enfin décidé de m’inscrire a l’auto-école. S’en suis plusieurs galères : je n’ai pas de moyen de garde (pas le moyen de payer une nounou non plus) je suis donc obligée de faire le code et les heures de conduites qu’une semaine sur 2 (à cause des horaires du papa). J’ai beaucoup de mal a gérer mon angoisse a l’idée de conduire, qui fait que je ne profite pas de ma journée a cause du rendez vous de conduite vers 17-18h. Je trouve en plus que c’est difficile de faire tout ça le soir après une journée dans les pattes. Je suis dans la semaine ou je ne peux pas aller a l’auto école, et je n’ai toujours pas eu le livre de révision de code (soucis de fournisseur), je suis obligée de réviser sur internet. Je n’ai fais que 3h de conduite en tout, et j’ai du assimiler trop de choses. En plus sur les 2 moniteurs que j’ai eu, un est beaucoup plus sévère, moins patient que l’autre.
    Le premier m’a fait faire le retour à l’auto école seule en première (on était pas très loin), et je devais tout gérer. J’ai bien sûr calé plusieurs fois, je me suis fait sermonnée car je n’écoutais pas toutes les consignes (j’était trop angoissée pour tout assimiler). J’ai tellement angoissée toute la journée et pendant la conduite que j’ai pleuré en rentrant chez moi.
    Le lendemain, je suis tombé sur un moniteur génial. Super patient, gentil et pédagogue. Contrairement au premier j’ai juste eu le droit au volant et il a géré les pédales et vitesse. J’était très détendue contrairement a la veille. Puis le troisième jour, j’ai retrouvé le premier mono et la c’était la cata. Je devais a nouveau tout gérer (en première et seconde), j’ai failli heurter une voiture en sortant de ma place de parking, j’ai beaucoup calé car je voulais freiner sans débrayer, j’arrêtais pas de me faire reprendre sur ma manière de tenir le volant quand je devais tourner (je ne « chevauchais pas les mains »)… et le moniteur était assez dur. J’ai même pleuré en conduisant, j’avais constamment une larme a l’œil (en plus j’ai des lunettes). La dernière demi-heure s’est mieux passé. J’y retourne la semaine prochaine, et si ça ne va toujours pas avec lui je vais voir pour ne plus l’avoir. Je suis très sensible et nerveuse, je sais que j’y arriverai jamais avec un mono comme lui. J’espère que les prochaine heures se passeront mieux, et que je serais plus détendue la journée avec le temps. Mais j’espère aussi ne plus avoir de migraines toute la soirée.

    J’ai vraiment la hantise de tout rater et devoir aligner beaucoup de chèques pour pouvoir réussir (45 euros l’heure de conduite ça pique beaucoup). J’essaye de ne pas trop y penser, de positiver en me disant que je ne suis pas plus bête qu’un autre et que j’y arriverai bien un jour. Surtout que j’en ai vraiment marre de prendre le bus, de devoir prévoir une heure pour un trajet avec une correspondance alors que tu peux y être en 15min en voiture !

    Je ne suis pas encore en échec de conduite, je ne peux pas te donner mon retour la dessus. Mais sache que tu es loin d’être la seule dans ce cas ! J’ai déjà été confronté a des échecs, dans mes études ainsi que professionnellement. Résultat j’ai perdu énormément de confiance en moi, et c’est d’autant plus dur de passer le permis car j’ai toujours la peur d’échouer. J’essaye aussi de relativiser. Il y a des choses que je veux reprendre en main pour mieux réussir dans la vie, et ça commence par le permis ! Je trouve ça super que tu relativise, et que tu prenne quand même ton indépendance avec ta petite voiture. Les automobilistes sont rarement tendres avec les jeunes conducteurs ainsi que les petites voitures mais il faut essayer de faire abstraction (je sais que ce n’est pas évident). Tu as quand une petite victoire avec tes trajets sans heurts ! On peut en ressortir beaucoup plus fort.

    Un jour tu auras peut-être envie de repasser ton permis, et je te souhaite vraiment de réussir ce jour là ! L’expérience que tu gagne maintenant avec ta petite voiture t’aidera surement. Tout est malheureusement dans le mental, les moniteurs sont tous d’accord pour dire qu’il faut être super bien dans sa tête pour passer le permis.

    Je m’excuse pour mon énorme pavé, j’espère que ça ne te dérange pas ! Je voulais te partager mon vécu sur la conduite, et ça m’a fait également beaucoup de bien d’écrire ce commentaire.

    A bientôt 🙂

    • Coucou Aurore,
      Si j’aime écrire, c’est parce que j’aime avant tout lire, alors je suis contente que tu m’aies posté un aussi long commentaire.Je rejoins l’avis de la plupart des moniteurs qui conseillent de prendre confiance en soi avant d’entamer ce parcours du permis, mais certains d’entre eux seraient bien inspirés de changer de métier car ils sont parfois les premiers à faire perdre toute assurance à leurs élèves.
      Courage pour ton organisation et tes prochaines leçons, essaie de lire des témoignages plus positifs que le mien et surtout, ne perds pas de vue que tu acquiers le permis avant tout pour ta propre autonomie. La pression que l’on se met soi-même sur les épaules dans le but de contenter son entourage ne génère pas toujours une bonne progression.
      Belle soirée à toi 😉

  • Coucou,
    moi aussi j’ai pris le temps de lire ta confession. Je n’ai pas eu ces problèmes que tu as rencontrés ou rencontre encore. J’ai eu mon code après 2 échecs, et raté mon permis une première fois avant de le réussir, en 1995… à 18 ans (parce que là ou j’ai grandi, pas de voiture = vie d’ermite). Alors à 18 ans, l’apprentissage est probablement plus facile qu’a 25 ou à 30, l’échec aussi.
    Mais surtout à 18 ans, j’étais une nouille inconsciente. Encore aujourd’hui, alors que je conduis depuis plus de la moitié de ma vie, je me demande : comment peut-on confier la responsabilité de la vie des gens à des conducteurs de 18 ans qui ne savent même pas dans quel sens ouvrir un frigo !
    Tes angoisses au volant me semblent plus que normales, je les trouve même essentielles pour être un bon conducteur. Tu es consciente qu’un véhicule c’est une machine qui donne la liberté mais qui peut également la reprendre.
    Je trouve que l’apprentissage, sur le long terme, dans une petite carriole SMoby plafonnés à 73km/h, ca devrait être obligatoire. Le permis en 20, 30 ou même 50 heures, c’est une machine à faire du fric pour les auto-écoles mais certainement une méthode d’apprentissage de la conduite responsable ou zen.
    Alors, voilà, je n’ai pas le même vécu, mais ta solution de repli est une bonne solution pour apprendre la vraie conduite.
    Et mon conseil pour l’avenir, (attention je vais dire un gros mot, voire même plusieurs) les autres « usagers », pilotes de courses et autres « dominateurs » de la route qui feront usage de pression psychologiques (collage au cul, klaxon et insultes courantes) : Tu les emmerdes ! Prends ton temps, respire, vas y à ta vitesse. Jusqu’à preuve du contraire ils n’ont pas « acheté » cette route que nous partageons, en conséquence, leurs « lois du plus fort » ne s’y applique pas !
    Vas – y tranquille ! Et enjoy la liberté en SMoby !

    Bises, une conductrice tranquille qui emmerde les dominateurs de la route.
    Pardon pour les gros mots.

    • Coucou Clémentine,
      Je te remercie pour ton commentaire et partage ton avis au sujet d’un apprentissage de la route à l’aide d’une voiturette plutôt qu’un véhicule lambda. Mais la voiturette n’a pas une image glamour et les jeunes conducteurs préfèrent généralement pouvoir rouler vite avec les dangers que cela engendre.
      Au sujet des « dominateurs de la route » qui se prennent pour les rois du pétrole, j’essaie tant bien que mal d’en faire abstraction mais je finis souvent par céder et me ranger pour les laisser me doubler car c’est un stress insupportable que de devoir me les coltiner plusieurs kilomètres.
      Bonne soirée à toi et merci pour la tranche de rigolade 🙂

      • Et bien figure toi qu’en Crête, l’usage veut que si t’es pas pressé et qu’une voiture arrive derrière toi, tu te rabats pour le laisser passer. J’ai beaucoup aimé cette façon de faire. C’est très courtois, ca donne une conduite apaisée et sans pression. J’ai adoré.

        • Haha, oui peut-être ! Je ne suis jamais pressée car je pars toujours très en avance, ça me permet de ne pas faire la forte tête avec des conducteurs qui sont impatients même le dimanche après-midi !

  • Moi je ne pourrais obtenir le permis que dans deux ans, mais je me suis lancée dans la conduite accompagner et déjà je ne comprend rien au code mais en plus je suis ultra angoissée en voiture seulement en tant que passagère donc je sens que ça va être dur!
    bon courage et rappelle toi
    « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » J. de la Fontaine, le Lion et le Rat (la personne qui n’as pas le cerveau envahit par le bac de français xD)

  • Le permis c’était un sacré cauchemar… Je pense que de base cela aurait été difficile, mais en plus de ça à cette époque j’étais ULTRA anxieuse/angoissée. Du coup, crises de panique au volant (ça fait peur aux moniteurs ahaha). Au bout de la troisième fois je l’ai obtenu (je n’aurais pas supporté d’avoir dépensé autant d’argent, j’ai fait plus de 60 heures de conduite au total………….)

    Je pense que notre humeur + le style des moniteurs + les aléas de la route jouent énormément dans l’obtention du permis, ce n’est pas uniquement une question de capacités. Dans mon auto-école il y avait trois monitrices. Deux étaient un peu pète sec (ça ne se passait pas fantastiquement) et l’une était bienveillante et relax. Comme par miracle avec elle, je faisais des progrès.

    Quand au comportement des gens sur la route face aux voiturettes, je trouve ça assez puéril ! Rouler vite pour gagner quoi…. 10 minutes ? Ahahah…

    • Coucou Sarah,
      Merci pour ton retour. J’ai également dépensé beaucoup pour presque « rien » finalement, mais je ne supportais plus de conduire aux côtés de moniteurs qui s’interrogeaient à propos de mon incapacité à progresser et qui semblaient désespérés. Aux yeux de beaucoup de mes proches, j’aurais dû retenter ma chance et persévérer, mais cela faisait déjà presque quatre ans que je me débattais avec ce fichu permis.
      Pour ce qui concerne les gens très pressés qui rêvent de me coller dans le fossé pour passer, je les retrouve bien souvent à un stop ou coincés à un feu rouge alors il n’y gagnent rien.

      Bonne fin de week-end à toi et bravo pour ta persévérance

  • J’ai adoré cet article <3
    Merci d'avoir pris le temps de décrire ton parcours, et contente de voir que tu as retenu des belles leçons (le droit à l'échec, etc…).
    J'admire également ton courage de rouler en voiturette (oui oui, courage)! Je roule en voiture mais j'ai une conduite que je qualifierais de "mémé prend le volant pour aller à la messe", et c'est dingue le nombre de gestes d'énervement/doublages à toute allure que je vois….Et je me sens tellement agressée à chaque fois, grrrrrr! J'ai encore du boulot à faire là-dessus 😉

    • Aaaah merci à toi, ma baroudeuse préférée, pour ton commentaire. C’est bien la première fois qu’on qualifie de courageux mon choix d’avoir privilégié la voiturette plutôt que l’acharnement en auto-école.
      La route révèle en effet des comportements inadmissibles, des gens bien sous tous rapports s’avèrent parfois être des brutes épaisses au volant. Ils semblent prêts à vendre père et mère pour gagner trente secondes ! En tout cas, je te souhaite de continuer à profiter du paysage à l’allure que tu souhaites sans plus te soucier de ces indélicats. Belle journée à toi ❤

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